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Alain Teissonnière

Monday 27 April 2009

Ảnh: Alain trong hội thảo CCSTVN-Phạm Văn Đồng, Paris 1977

Parler d’Alain, c’est parler d’une absence à laquelle il sera très difficile de s’accoutumer… Mais c’est rappeler aussi combien grandes étaient ses qualités et combien son amitié m’était et nous était précieuse.

Ayant connu Alain dans le cadre de projets de coopération avec le Viet Nam, nous sommes vite devenus amis. Simplement, naturellement. Son regard parfois critique, souvent teinté d’ironie sur les choses et les gens n’était jamais désabusé, sa curiosité et son écoute restant toujours intactes. Ses premiers traits de caractère étaient certainement sa générosité et sa sensibilité. Parler avec Alain, c’était éprouver intuitivement une forte similitude dans les idées et les opinions, dans un mode parfois plus sous-entendu qu’exprimé, le tout donnant un sentiment de solidité et de constance.

Mes premières rencontres avec Alain étaient fortement motivées par la volonté de coopérer autant que possible avec ce pays, le Viet Nam, qui sortait de décennies de guerre et d’années d’un impitoyable embargo international. Les projets définis, puis mis en œuvre avant d’en trouver de nouveaux, mettaient chaque fois en évidence le sérieux, la profondeur de la motivation et les capacités d’organisateur d’Alain. D’une certaine manière j’étais fier de travailler avec lui ; cela me donnait le sentiment d’appartenir à une longue lignée de militants n’ayant jamais transigé sur leur anticolonialisme.

Puis avec le temps, cette volonté de coopérer s’est enrichie de très fortes relations amicales avec Nguyen Chi Cong et Patrick Rougeau [aujourd’hui décédé]. Nous étions finalement quatre, très soudés, à militer à notre manière pour que le Viet Nam accède plus rapidement aux nouvelles technologies dont il avait besoin. Rappelons qu’Alain a joué un rôle pionnier avec Nguyen Chi Cong. Ils étaient devenus par ce fait et pour tant d’autres raisons, extrêmement liés.

Et c’est pour cela que le souvenir d’Alain se mélange aujourd’hui avec ce lieu, le Viet Nam, et cette époque, les années de coopération avec un pays qui se construisait au milieu de difficultés sans nom. Et quelle équipe nous formions…

Curieusement, parmi tous ces évènements, tous ces projets, toutes ces rencontres et tous ces voyages, un souvenir domine parmi tous les autres. Lors d’un séjour commun à Ha Noi, il y a une dizaine d’années, au début de l’automne lorsque la lumière est tellement particulière, l’air plus limpide et les couleurs plus douces, nous allions toujours prendre un café le matin dans la même petite ruelle commerçante d’Ha Noi. Nous parlions de tout, de rien, jamais en mal de sujets, et ce moment était à chaque fois paisible et harmonieux.

Le développement de la maladie d’Alain donnait depuis quelques années un sentiment de précarité à nos rencontres, les rendant d’autant plus précieuses. J’ai toujours eu l’impression, lorsque nous parlions ensemble ou séparément, Henri, Alain, Cong, d’avoir la chance de partager des moments d’exception avec des individus d’exception. Et chacun de ces moments était précieux. Alain était généreux, spontané, constant dans ses convictions et ses amitiés. Il s’agissait peut-être de traits de caractère cévenols dont il avait hérités, mais tellement estimables.

Alain n’est plus là. « Notre cher Alain n’est plus », comme l’a dit Cong. Il faudra un temps infini pour atténuer le sentiment de son absence, et comme l’a si bien dit Clara : « Alain était une belle personne ».

Claude Zurbach

Laboratoire de Physique Théorique et Astroparticules - UMR 5207 - CNRS

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